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Dans les puits à Montréal en 1986

Keke The Flying Finn Rosberg

mis à jour le 7 juillet 2004

J’ai commencé à suivre véritablement la formule 1 à la fin de la saison 82. Le champion de la saison 82 fut Rosberg. Une seule victoire (GP Suisse) figurait à son palmares cette année là.

Pourquoi Rosberg est mon pilote (all-time) favori ? Pour ses prouesses sur la piste bien sur et pour sa capacité de toujours éviter les polémiques et les excuses ridicules. Les erreurs de pilotage de Keke étaient très rares. Rosberg a pris sa retraite à la fin de 1986, parce qu’il ne se sentait pas à l’aise dans des courses où l’économie d’essence primait sur la vitesse pure. Ceux qui ont vu Rosberg à l’œuvre comprennent que pour Keke, tel Gilles Villeneuve, le seul moment pour lever le pied était après le drapeau à damier et pas avant !

Sur la photo ci-dessous, Keke effectue des essais durant l'intersaison 81-82 sur une formule 1 Williams qui ne se retrouveras pas en compétition...

Mes meilleurs souvenirs de l’époque Rosberg sont :

Brésil 1983: (Jacarepagua)

Toute l’intersaison 82-83 fut consacré par les experts à nous expliquer que si Pironi, et que si Villeneuve... que Rosberg n'avait aucune chance en 83 avec sa Williams à moteur atmosphérique contre les puissantes Ferrari, les Renault, Lotus, ATS et les Brabham toutes avec des moteurs turbos. Pauvre champion, sans turbo, impossible de défendre son titre convenablement, et en plus, il avait pour cette saison un nouveau coéquipier coriace, le français Jacques Laffite.

La saison 83 débutait au Brésil et selon la logique des "experts", on attendait en pôle Alain Prost et sa Renault turbo ou Nelson Piquet et sa Brabham BMW turbo. À la fin de la deuxième scéance de qualification, les experts sont bouches bées: Rosberg et sa Williams atmosphérique sont les plus rapides ! Jacques Laffite, l’illustre nouveau coéquipier de Rosberg est largué à 3,5 secondes derrière!

Rosberg mena les 6 premiers tours de la course avant d’être passé par Piquet, chargeant de la quatrième place sur la grille. Contre toute attente, la Williams resta dans le sillon de la Brabham jusqu’au 28ième tour : Arrêt de Rosberg au puit pour un changement de pneus et un ravitaillement en essence, voici donc comment la Williams pouvait suivre le rythme d’enfer de la Brabham turbo. (On ne faisait plus de ravitaillement en essence en F1 depuis des années, même si cela était permi)

Catastrophe lors de l’arrêt, un incendie se déclare autour de la Williams, Rosberg s’éjecte de la voiture et trouve refuge près d’une belle brésilienne dans le paddock… vérification faite, il n’y a pas d’incendie, ce n’était que les vapeurs d’essence qui ont brûlées, Patrick Head fait quérir Keke, qui remonte dans la voiture (avec le numéro de téléphone de la brésilienne), et se rattache, les mécanos poussent la voiture, elle démarre et Keke rejoint la course en 9ième position.

Commence alors ce que j’appel maintenant une remonté à la Rosberg. Il passe Surer, puis Laffite, Watson abandonne. Il passe ensuite Warwick, puis la Ferrari-turbo de Tambay, Prost et sa Renault-turbo sont passé aussi et finalement Lauda. keke franchi la ligne d'arrivée en 2ième place à 20,6 secondes de Piquet, qui lui ne s’est jamais arrêté !!! Bon, Keke a été disqualifié puisque les mécanos l’ont poussé pour redémarrer le moteur lors de l’arrêt au puits, ce qui n’était pas permis à cette époque. N’empêche, il avait réussi à attirer mon attention.

Etats-Unis 1983 : (Long Beach)

 

Qualifié troisième derrière les deux Ferrari-turbo de Tambay et Arnoux, Keke s’élance au feu vert, passe la voiture rouge d’Arnoux pourtant en pleine accélération… en arrivant au premier freinage, jugeant qu’il ne fera pas le virage avec la vélocité à laquelle il y arrive, Rosberg lance la Williams dans un majestueux tête-à-queue ! Il reprend la voiture sans s’immobiliser et continue sans perdre une place ! Là, il avait toute mon attention !

Cette pirouette de Keke est sur toute les cassettes vidéo de course qui se respectent.

 

 

 

Monaco 1983 :

Sur le circuit monegaste, Rosberg est qualifié 5ième, devant Piquet et sa BMW-turbo. Au moment de donner le départ de la course, le circuit est détrampé suite à une averse. Les turbos choississent tous des pneus de pluie, pour parvenir à maîtriser la puissance brute disponible… Rosberg et Laffite jouent le tout pour le tout : en slick et advienne que pourra.

Dans le premier tour, malgré la piste humide, Rosberg passe Tambay, Cheever, Arnoux et Prost ! il complète le premier tour en tête, en négociant chaque virage en faisant d’incroyables glissades… il mène le bal jusqu’à la fin, rejoignant ainsi le club très prestigieux des vainqueurs du GP de Monaco. Toute une démonstration de son adresse diabolique !

Montréal 1983 : Circuit Gilles Villeneuve

J’assiste à mon premier Grand Prix LIVE, et durant les qualifs, je me place derrière le box Williams pour voir Rosberg à l’œuvre de plus près. Pour les qualifications, Rosberg utilise les célèbres pneus de qualification super gommant, bons pour 4 tours lancés tout au plus. Il ramène la voiture chaque fois au puits avec les pneus littéralement en lambeaux. Rien à faire contre les turbos, il se qualifie en 9ième, mais toujours premier des moteurs atmosphériques, comme d’habitude. Je n'ai jamais revu depuis, des pneus en si mauvais état !!

La course fût sans histoire pour Rosberg qui réussi malgré tout à terminer 4ième, devant Prost et sa Renault Turbo…

Dallas 1984

La Williams FW09 dont disposait Keke pour la saison 1984, était très laide et très peu efficace. Finalement propulsées par un moteur Honda Turbo, les Williams devaient être efficace mais on se rendi vite compte que la fiabilité et la tenu de route n’étaient pas au rendez-vous, seule une fantastique puissance brute était disponible…

Rosberg a réussi quand même quelques exploits, comme partir de la première ligne lors de certains GP, toujours suite à des tours d’anthologie dont il avait le secret…

La course de Dallas de 1984 fut une véritable catastrophe du point de vue de l'organisation, dès les premiers essais, il était clair que le pavage récent de la piste ne faisait pas le travail et s’arrachait littéralement au passage des F1.

Le dimanche, après des travaux de resurfaçage d’urgence le matin même, la course s’élança quand même sous un soleil de plomb.

Mansell, parti de la pôle, mena le train de voiture et rapidement le circuit fut couvert de petits morceaux de pavage, ce qui rendait la piste très glissante ailleurs que dans la trajectoire idéale des voitures… tout dépassement devint donc extrèmement périlleux.

Mansell fut d'abord challengé pour la tête par Warwick qui se fit surprendre par les conditions au freinage et se scotcha dans un mur. Vint ensuite Prost qui se buta au blocage systématique de l’anglais.

Rosberg lui, avec sa Williams FW09 qui glissait dans tout les sens sur tous les circuit du monde, remonta le peloton et patienta quelques tours derrière Prost. Voyant que celui-ci ne voulait pas risquer le dépassement sur Mansell. Il passa Prost et s’attaqua à Mansell. Ce dernier, toujours en quête d’une première victoire en F1, fit un lamentable travail de blocage très discutable pour un début d’épreuve. Keke n’étant jamais vraiment resté longtemps derrière un voiture plus lente, réussi au forcing à passer la Lotus et pris même la peine de le remercier en lui faisant signe du doigt d’honneur au passage..

Quand Mansell fit un arrêt pour changer de pneu, Prost rattrapa Rosberg et le passa avant de se scotcher dans un mur, au même endroit que Lauda, Tambay et plusieurs autres. Personne ne vint plus inquiéter le Finlandais.

Dans les pires conditions, c’est Rosberg qui avait remporté l’épreuve.

Montréal 1985 : Circuit Gilles Villeneuve

La Williams FW10 de 1986, contrairement à la précédente FW09, était une formule 1 moderne: la première coque en carbone pour cette équipe et un nouveau moteur Honda Turbo plus puissant. Malheureusement, la fiabilité n’était pas au rendez-vous en début de saison et Rosberg, dégouté d’avoir mener presque chaque Grand-Prix mais de n'avoir aucun point après 5 épreuves, venait d’annoncer son transfert pour la saison 86 chez McLaren. McLaren, qui venait de balayer le championnat 84, affichait une fiabilité exemplaire.

Honda arriva à Montréal avec une toute nouvelle évolution de leur moteur… le vent venait de changer.

Keke s'était qualifié 5ième, derrière les Ferrari d’Alboreto et de Johansson, la lotus de Senna et la McLaren de Prost, suite à des qualifications mouvementés ponctuées de pannes et de problèmes techniques pour Williams..

Le début de course fut sans histoire jusqu’à ce que Keke tente un dépassement au freinage de l’épingle du pont Jacques-Cartier. Pour éviter l’accrochage, Keke du mettre deux roues dans l’herbe et effectua un tête-à-queue complet. Il put poursuivre sa route sans s’arrêter dans l’aventure (façon Long Beach 83 !). Il du cependant visiter les puits pour remplacer les pneus qui n’avaient pas, eux, survécu à la figure.

Quelque tours plus tard, Rosberg rentre de nouveau aux puits, les mécanos enlèvent le capot moteur, y effectuent une réparation, replacent le capot et Rosberg s’élance de nouveau. En fait, lors de ses deux visites aux puits, Rosberg resta immobilisé plus de 30 secondes. Après les deux arrêts, Keke est avant-dernier. Le commentateur télé de Radio-Canada déclara même, en voyant la Williams aux puits pour une deuxième fois, que Rosberg allait surement abandonner… Quelle ignorance...

S’ammorce donc, sous nos yeux de spectateurs découragés (fans de Rosberg), une fantastique remonté à la Rosberg ! La remonté culmine quand au dernier tour,en pleine accélération, Rosberg, en faisant près de 100 mètres de traces de pneus sur la piste avec les 1000 HP de son Honda, passe DeAngelis pour la quatrième place dans la montée après les virages de Senna ! Il termine l’épreuve 28 secondes derrière le vainqueur, Alboreto, qui lui ne s'est jamais arrêté aux puits... Le commentateur télé de Radio-Canada ne s'est jamais aperçu de la remonté et ne croyait pas le classement affiché à la fin de l’épreuve… il faut dire que ce monsieur ne connaissait rien à la F1, son dada étant le hockey..

Le journal La Presse de Montréal titrait le lendemain : Rosberg, le clou du spectacle !

De toutes les courses que j’ai vues aux abords des circuits, c’est la plus excitante qu'il m'a été donnée de voir de mes yeux.

La course suivante à Détroit fut un festival Rosberg qui l'emporta avec fougue. Le reste de la saison montra que les voitures à battre étaient désormais les Williams et que Rosberg, en signant pour McLaren pour la saison 86, n'avait pas fait une très bonne affaire.

Angleterre 1985 (Silverstone)

L’exploit vient ici lors de la qualification, Keke réalisa à Silverstone la pôle position en faisant un tour à la moyenne la plus élevée de l’histoire de la F1, soit 259,3 km/h (plus de 160mph). Ce record a été battu 17 ans plus tard, lors de la saison 2002 par Juan-Pablo Montoya et sa Williams-BMW aux qualifications en vue du GP de Monza...

Pourquoi un exploit ? La Williams-Honda numéro 6, lors de ce tour célèbre, fut victime d’une crevaison lente qui ralentie le bouillant finlandais lors des deux derniers virages !!!!

Australie 1986 : (Adélaide)

Dans les puits à Montréal en 1986Rosberg est maintenant chez McLaren et toute cette équipe est centrée sur son coéquipier Alain Prost, le professeur, spécialiste de l’économie des freins, des pneus, et de l’essence. Prost applique la théorie de Lauda à la lettre, c’est à dire, gagner en roulant le plus lentement possible.

Rosberg n’arrivera jamais à se convertir à la F1 de l'économie, il a toujours appliqué la technique Gilles Villeneuve : à fond la caisse !

1986 est une saison désastreuse pour Rosberg, en début de saison, seul les réglages établis par Prost sont acceptés sur les voitures et Rosberg est à la traîne… Plus tard dans la saison, après accord avec les dirigeants de McLaren, on permet à Keke de régler la voiture à son goût et ses performances s’approchent et excèdent parfois celles du français, sauf que Keke tombe pratiquement toujours en panne d'essence dans les trois derniers tours des courses…

Lors de la dernière épreuve de la saison en Australie, Keke a joué le lapin pour aider Prost dans sa conquête du titre. Il menait facilement l’épreuve devant Piquet, Prost et Mansell quand son pneu arrière s’est crevé, brisant la suspension et le forçant à l’abandon.

C’est ainsi que s’est terminé la carrière de pilote de F1 de Keke Rosberg, presque comme elle avait commencée en 1978 : en tête ! En effet, peu de gens savent que Keke remporta sa toute première course dans la catégorie F-1, sous la pluie à Silverstone, au volant d’une vétuste Théodore lors d’une épreuve hors-championnat...

GRAND PRIX DU CANADA 2004

Quelle joie de revoir la Williams de 1983 de Keke sur le circuit Gilles Villeneuve...!


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